DUERP coiffeur : l'établir soi-même, sans se tromper
Tout salon de coiffure employant au moins un salarié doit tenir un document unique d'évaluation des risques professionnels, et le mettre à jour chaque année.
Ce que dit la loi
L'article R4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de consigner, par unité de travail, les résultats de l'évaluation des risques. Depuis le 27 juin 2026, ne pas avoir établi ce document expose à une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par salarié concerné, prononcée directement par la DREETS. Et surtout, en cas d'accident, l'employeur qui n'a pas évalué le risque en cause voit sa faute inexcusable bien plus facilement établie devant le juge.
Le détail des deux régimes de sanction, de la conservation quarante ans et du portail numérique
Les risques propres au métier
Un salon cumule des expositions que l'on sous-estime souvent. Les dermatoses des mains sont la première maladie professionnelle du métier, et les produits de coloration sont des sensibilisants respiratoires reconnus.
- Accueil et caisse Risques psychosociaux : relation avec le public — Incivilités, agressions verbales, tension avec la clientèle, exposition au risque de vol ou de braquage.
- Accueil et caisse Chute de plain-pied — Glissade ou trébuchement sur sol mouillé, encombré, inégal ou mal éclairé. C'est la cause d'accident du travail la plus fréquente, tous secteurs confondus.
- Bac à shampoing Postures contraignantes et gestes répétitifs — Station debout prolongée, bras maintenus en élévation, dos penché, torsions, répétition d'un même geste. Provoque des troubles musculo-squelettiques durables.
- Bac à shampoing Chute de plain-pied — Glissade ou trébuchement sur sol mouillé, encombré, inégal ou mal éclairé. C'est la cause d'accident du travail la plus fréquente, tous secteurs confondus.
- Poste de coupe Postures contraignantes et gestes répétitifs — Station debout prolongée, bras maintenus en élévation, dos penché, torsions, répétition d'un même geste. Provoque des troubles musculo-squelettiques durables.
- Poste de coupe Coupures et piqûres — Contact avec des lames, des outils tranchants, du verre brisé ou des objets pointus.
- Espace technique et coloration Produits de coloration et de décoloration — Inhalation et contact cutané avec les persulfates, l'ammoniaque, la résorcine et les colorants d'oxydation. Sensibilisation respiratoire et allergies durables.
- Espace technique et coloration Dermatose des mains — Mains humides en continu, shampoings et tensioactifs : eczéma de contact, première maladie professionnelle du métier.
- Réserve Manutention manuelle de charges — Port, levage, poussée ou traction de charges. Première cause de troubles musculo-squelettiques et de lombalgies.
- Réserve Chute d'objets et effondrement de stockage — Chute d'un objet stocké en hauteur, basculement d'un rayonnage surchargé ou mal fixé.
Combien de temps faut-il ?
Comptez environ 5 minutes. Les risques ci-dessus sont pré-cochés et déjà cotés : vous confirmez ce qui vous concerne, vous écartez le reste, vous ajoutez ce qui vous est propre. Le document produit porte votre en-tête, votre plan d'action et vos échéances, et vous repartez avec trois fichiers : PDF, Word et tableur.
Questions fréquentes
Je suis seul dans mon salon, dois-je faire un DUERP ?
L'obligation naît dès le premier salarié. Un gérant sans aucun salarié n'y est pas tenu. Dès qu'un apprenti ou un salarié à temps partiel est présent, le document devient obligatoire.
Faut-il un document par salon ou un seul pour l'entreprise ?
Un document unique par entreprise, mais qui distingue les unités de travail. Si vous exploitez plusieurs salons, chacun constitue au moins une unité de travail.
Les produits de coloration doivent-ils y figurer nommément ?
Oui. L'évaluation du risque chimique suppose d'identifier les agents concernés — persulfates, ammoniaque, résorcine — et de tenir les fiches de données de sécurité accessibles au personnel.
L'amende de 4 000 € par salarié s'applique-t-elle si mon document n'est pas à jour ?
Non, et beaucoup de sites l'écrivent de travers. L'amende administrative créée par la loi du 25 juin 2026 vise, selon les termes mêmes du texte, l'absence du document. Un DUERP existant mais non mis à jour relève d'une contravention pénale distincte, d'un montant bien inférieur. La mise à jour annuelle demeure obligatoire au-delà de onze salariés, et vivement recommandée en dessous.