DUERP électricien : l'établir vous-même, en 5 minutes
Dès le premier salarié, une entreprise d'électricité doit établir son document unique d'évaluation des risques professionnels. C'est un métier où l'évaluation se heurte à une difficulté que peu d'autres connaissent : vos salariés travaillent chez le client, dans des installations que vous n'avez ni conçues ni vues avant l'arrivée du compagnon. Le document doit décrire cette réalité-là, pas un atelier fixe.
Voir l'exemple complet
Ce que dit la loi
Outre l'article R4121-1 du Code du travail, les opérations sur les installations électriques imposent une habilitation délivrée par l'employeur, renouvelée périodiquement, et dont la preuve doit être conservée.
Le détail des deux régimes de sanction, de la conservation quarante ans et du portail numérique
L'habilitation prouve la compétence, pas l'évaluation des risques
C'est la confusion la plus répandue du métier. L'habilitation atteste qu'un salarié a été formé et que vous le reconnaissez apte à effectuer certaines opérations : elle porte sur la personne. Le document unique porte sur les situations de travail — les chantiers que vous prenez, les installations que vous reprenez, les conditions dans lesquelles vos équipes interviennent. Une entreprise dont tous les salariés sont parfaitement habilités peut être en défaut complet d'évaluation des risques, et l'inspection du travail demandera les deux.
La consignation, seule mesure qui protège vraiment
Travailler hors tension après consignation est la règle ; le travail sous tension reste l'exception, justifiée et encadrée. Entre les deux se glisse la situation qui blesse réellement : la reprise d'installation dans un bâtiment ancien, où l'on croit avoir coupé le bon départ. Le document gagne à décrire la procédure réelle de votre entreprise — qui consigne, comment on vérifie l'absence de tension, qui détient les condamnations — plutôt qu'à rappeler un principe que tout le monde connaît déjà.
Ce qui blesse le plus souvent n'est pas le courant
Dans ce métier, les accidents graves viennent d'abord des chutes de hauteur : l'escabeau posé sur un sol encombré pour deux minutes, le travail au-dessus d'une trémie, l'échafaudage monté par une autre entreprise et emprunté au passage. Une évaluation qui consacre trois lignes au risque électrique et rien à la hauteur est une évaluation qui a regardé le métier de loin. Les deux doivent y figurer, sans hiérarchie implicite.
L'amiante, invisible dans la rénovation
Percer, saigner une cloison, déposer un faux plafond dans un bâtiment ancien peut libérer des fibres. Le repérage avant travaux existe précisément pour ça, et ses conclusions doivent nourrir votre évaluation : elles disent où vos salariés peuvent intervenir et où ils ne doivent pas. Un document qui ignore cette question dans une entreprise qui fait de la rénovation décrit une activité qui n'est pas la vôtre.
Le véhicule est une unité de travail, pas un moyen de transport
Un électricien passe une part réelle de sa semaine sur la route, entre plusieurs chantiers, avec un utilitaire chargé de matériel parfois mal arrimé. Le risque routier professionnel est l'une des premières causes d'accident mortel du travail, tous secteurs confondus. L'évaluation doit le traiter comme les autres : état et entretien du véhicule, arrimage, plages horaires, usage du téléphone au volant.
Les unités de travail du métier
Le questionnaire découpe votre activité en unités de travail — l'article R4121-1 l'impose — plutôt que de traiter votre entreprise comme un bloc unique. Voici le découpage déjà proposé pour ce métier ; vous pouvez l'ajuster à votre réalité.
-
Chantier chez le client
Tirage de câbles, raccordement, mise en service.
-
Intervention sur tableau et armoire
Consignation, dépannage, mise sous tension.
-
Travail en hauteur
Échafaudage, nacelle, échelle, plafonds techniques.
-
Véhicule et déplacements
Trajets entre chantiers, transport du matériel.
Le découpage ne se limite pas à ce métier : voici comment l'ajuster à votre organisation si elle diffère.
Les risques propres au métier
Le risque électrique domine les esprits, mais les chutes de hauteur causent davantage d'accidents graves dans le métier, et la route davantage d'accidents mortels. Le questionnaire vous propose les trois déjà cotés, par unité de travail — chantier, tableau, travail en hauteur, véhicule — avec les mesures associées.
| Unité de travail | Danger | Exposition | Mesure suggérée |
|---|---|---|---|
| Chantier chez le client | Travaux au voisinage de pièces sous tension — Électrisation ou électrocution lors d'une intervention sur une installation non consignée, arc électrique et brûlure. | Fréquente | Consigner l'installation avant toute intervention, vérifier l'absence de tension, n'affecter que du personnel habilité et à jour, fournir gants isolants, écran facial et vêtements non propagateurs de flamme. |
| Chantier chez le client | Chute de hauteur — Chute depuis un escabeau, une échelle, un marchepied ou un rayonnage lors d'une prise d'objet en hauteur. | Fréquente | Proscrire l'usage de chaises ou de cartons comme marchepied, fournir un escabeau conforme et stable, stocker les charges lourdes à hauteur d'homme, ne jamais travailler seul en hauteur. |
| Chantier chez le client | Exposition à l'amiante — Intervention sur un bâtiment antérieur à 1997 : perçage, découpe ou dépose de matériaux susceptibles de contenir de l'amiante. | Occasionnelle | Exiger le dossier technique amiante avant toute intervention, ne jamais percer ni découper un matériau non identifié, faire réaliser un repérage avant travaux, ne confier les travaux qu'à du personnel formé (sous-section 4). |
| Chantier chez le client | Postures contraignantes et gestes répétitifs — Station debout prolongée, bras maintenus en élévation, dos penché, torsions, répétition d'un même geste. Provoque des troubles musculo-squelettiques durables. | Permanente | Adapter les hauteurs de plan de travail, alterner les tâches et les postes, prévoir des pauses courtes et régulières, mettre à disposition un siège assis-debout. |
| Chantier chez le client | Coupures et piqûres — Contact avec des lames, des outils tranchants, du verre brisé ou des objets pointus. | Fréquente | Ranger les outils tranchants lame protégée, fournir des gants anti-coupure, remplacer les lames émoussées qui obligent à forcer, tenir une trousse de secours à jour. |
| Chantier chez le client | Inhalation de poussières — Mise en suspension de poussières lors du ponçage, du balayage, de la découpe ou de la manipulation de produits pulvérulents. | Fréquente | Aspirer à la source plutôt que balayer, capter les poussières à l'émission, ventiler les locaux, fournir des masques adaptés à la nature des poussières. |
| Chantier chez le client | Travail isolé — Salarié seul, hors de portée de vue ou de voix, notamment à l'ouverture, à la fermeture ou lors des livraisons. | Fréquente | Éviter l'isolement lors des tâches à risque, mettre en place un dispositif d'alarme pour travailleur isolé, prévoir un appel de contrôle à heure fixe. |
| Intervention sur tableau et armoire | Travaux au voisinage de pièces sous tension — Électrisation ou électrocution lors d'une intervention sur une installation non consignée, arc électrique et brûlure. | Fréquente | Consigner l'installation avant toute intervention, vérifier l'absence de tension, n'affecter que du personnel habilité et à jour, fournir gants isolants, écran facial et vêtements non propagateurs de flamme. |
| Intervention sur tableau et armoire | Risque électrique — Contact direct ou indirect avec une pièce sous tension, matériel défectueux, rallonges surchargées, prises endommagées. | Fréquente | Faire vérifier l'installation électrique chaque année par un organisme agréé, remplacer sans délai tout matériel défectueux, ne pas surcharger les multiprises, réserver les interventions aux personnes habilitées. |
| Intervention sur tableau et armoire | Incendie et explosion — Départ de feu d'origine électrique, thermique ou chimique, aggravé par le stockage de produits inflammables ou l'encombrement des issues. | Occasionnelle | Maintenir les issues de secours dégagées et signalées, faire vérifier les extincteurs chaque année, former le personnel au maniement des extincteurs, afficher les consignes d'évacuation. |
| Intervention sur tableau et armoire | Éclairage inadapté — Éclairement insuffisant, éblouissement ou zones d'ombre favorisant les chutes et la fatigue visuelle. | Fréquente | Renforcer l'éclairage des postes de travail et des circulations, remplacer les sources défaillantes sans délai, éviter les contre-jours. |
| Travail en hauteur | Travail sur échafaudage ou nacelle — Chute de hauteur lors du montage, de l'utilisation ou du démontage d'un échafaudage ou d'une plateforme élévatrice. | Fréquente | Ne confier le montage qu'à du personnel formé, vérifier l'échafaudage avant chaque prise de poste, maintenir garde-corps et plinthes, porter un harnais en nacelle, ne jamais surcharger le plancher. |
| Travail en hauteur | Chute de hauteur — Chute depuis un escabeau, une échelle, un marchepied ou un rayonnage lors d'une prise d'objet en hauteur. | Fréquente | Proscrire l'usage de chaises ou de cartons comme marchepied, fournir un escabeau conforme et stable, stocker les charges lourdes à hauteur d'homme, ne jamais travailler seul en hauteur. |
| Travail en hauteur | Manutention manuelle de charges — Port, levage, poussée ou traction de charges. Première cause de troubles musculo-squelettiques et de lombalgies. | Fréquente | Fournir des aides à la manutention (diable, transpalette, chariot), fractionner les charges, former les salariés aux gestes et postures, limiter les hauteurs de prise et de dépose. |
| Véhicule et déplacements | Risque routier en mission — Trajets professionnels, livraisons, déplacements entre chantiers ou clients. Première cause d'accident mortel du travail en France. | Fréquente | Entretenir régulièrement les véhicules, proscrire l'usage du téléphone au volant, planifier les tournées sans contrainte horaire irréaliste, former à la conduite préventive. |
Le questionnaire y ajoute aussi le socle des 22 risques communs à toute entreprise, quel que soit votre métier, et vous laisse écarter ou ajouter ce qui vous est propre.
Ces risques sont déjà pré-cochés pour électricité. Confirmez, ajustez, et consultez votre document avant de payer.
Combien de temps faut-il ?
Comptez environ 5 minutes. Les risques ci-dessus sont pré-cochés et déjà cotés : vous confirmez ce qui vous concerne, vous écartez le reste, vous ajoutez ce qui vous est propre. Le document produit porte votre en-tête, votre plan d'action et vos échéances, et vous repartez avec trois fichiers : PDF, Word et tableur.
Deux outils gratuits, sans lien avec l'achat : le simulateur d'obligations selon votre effectif et le générateur d'avis d'affichage à apposer dans votre entreprise.
Vous hésitez encore avec un modèle gratuit ? Voici la différence avec un modèle vierge ou OiRA.
Questions fréquentes
L'habilitation électrique dispense-t-elle du DUERP ?
Non, ce sont deux obligations distinctes. L'habilitation atteste d'une compétence ; le document unique évalue les risques du poste. L'un ne remplace pas l'autre.
Mes salariés travaillent chez des clients : où s'arrête ma responsabilité ?
Votre document couvre vos salariés partout où ils travaillent, y compris chez le client. Vous n'évaluez pas l'installation du client pour elle-même, mais les conditions dans lesquelles vos équipes y interviennent : accès, état des lieux, présence d'autres corps d'état, possibilité de consigner.
Faut-il un document unique par chantier ?
Non. Il y a un document unique par entreprise. Le chantier constitue une unité de travail, décrite pour ce qu'elle a de commun d'un client à l'autre. Une intervention vraiment atypique justifie en revanche d'y revenir lors de la mise à jour.
Le travail sous tension est-il interdit ?
Il constitue l'exception, pas la règle : on travaille hors tension après consignation chaque fois que c'est possible. Lorsqu'il est réellement nécessaire, il suppose une habilitation adaptée, des équipements spécifiques et une justification. Votre évaluation doit dire dans quels cas votre entreprise l'admet, et par qui.
Comment évaluer un risque que je découvre sur place ?
C'est le quotidien du métier, et la réponse tient dans l'organisation plutôt que dans la prévision : ce que le document peut décrire, c'est la consigne d'arrêt en cas de situation non prévue, la personne à joindre, et le refus d'intervenir tant que la sécurité n'est pas établie.
Le véhicule et la route doivent-ils figurer au document ?
Oui, et c'est souvent l'oubli le plus coûteux. Les déplacements entre chantiers exposent au risque routier, première cause d'accident mortel du travail. L'état du véhicule, l'arrimage du matériel et les horaires en font partie.
Les bornes de recharge et le photovoltaïque changent-ils l'évaluation ?
Oui, et ce sont deux activités que beaucoup d'entreprises ajoutent sans reprendre leur document. Le photovoltaïque combine la hauteur, la toiture et un courant continu qui ne se coupe pas comme un départ classique tant qu'il fait jour. Les bornes supposent des habilitations adaptées. Si vous avez élargi votre activité depuis votre dernière évaluation, c'est le premier point à reprendre.
Existe-t-il un support humain ?
Oui : contact@duerpconforme.fr, une vraie personne vous répond — pas un chatbot.
Puis-je voir le document avant de payer ?
Oui. Une fois le questionnaire rempli, un aperçu de votre document — mise en page, unités de travail, dangers identifiés — s'affiche avant tout paiement. Seuls les mesures de prévention détaillées et le plan d'action restent masqués jusqu'à l'achat. Vous pouvez aussi consulter un exemple complet de document sans même commencer le questionnaire.
Que se passe-t-il si je me trompe dans mes réponses ?
Vous voyez un aperçu de votre document avant de payer, ce qui limite déjà le risque. Si vous repérez une erreur après coup, vous disposez du fichier Word, modifiable directement — et notre support vous accompagne par email si besoin.
Ces risques sont déjà proposés dans le questionnaire. Vérifiez ce qui concerne réellement électricité et consultez gratuitement votre aperçu.
Document complet : 29 € · Aucun abonnement